Troc vélo, annonces, bourses – mes trois achats d’occasion

Trois vélos d’occasion en deux ans, achetés par trois canaux différents : un site spécialisé type troc vélo, une annonce généraliste, et une bourse aux vélos organisée par une association locale. Je n’avais pas prévu de comparer, mais le hasard a bien fait les choses.

Le site spécialisé, genre troc vélo

C’est par là que j’ai trouvé mon vélo de route. L’intérêt tient en un mot : les annonces sont écrites par des gens qui savent de quoi ils parlent. Les fiches mentionnent le groupe, la taille de cadre, parfois le kilométrage estimé.

Le revers, c’est que les vendeurs connaissent aussi la valeur de ce qu’ils vendent. Les prix y sont nettement plus serrés que sur un site généraliste, et la marge de négociation est faible. Sur les quatre annonces que j’ai suivies, aucune n’est descendue de plus de 5 %.

Autre point, les vélos y sont souvent plus haut de gamme que ce dont j’ai besoin. J’ai failli acheter deux fois un vélo trop bien pour moi, uniquement parce que l’écart de prix avec le neuf était impressionnant. Ce n’est pas une bonne raison.

La petite annonce généraliste

Mon VTT vient de là, avec les résultats qu’on sait : une fourche hors service que je n’ai pas su repérer.

Le volume est énorme et les prix sont bas, parce que beaucoup de vendeurs ignorent ce qu’ils ont. J’ai vu passer des vélos corrects à moitié prix et des épaves annoncées comme neuves, parfois dans la même journée.

Ce canal demande de savoir inspecter, puisque personne en face ne vous aidera. Il demande aussi du temps : j’ai vu six vélos avant d’en acheter un, dont deux qui ne correspondaient pas du tout à l’annonce.

Vélos d'occasion exposés sur un marché
Une bourse associative un dimanche matin. Trente vélos, deux heures, aucune pression.

La bourse associative

Celle de mon quartier a lieu deux fois par an. Les vélos y sont déposés par des particuliers, et des bénévoles mécaniciens les regardent avant la mise en vente. Pas une expertise complète, mais un filtre.

J’y ai acheté le vélo de ville que j’utilise pour aller au bureau, 130 euros, révisé. C’est de loin mon meilleur achat des trois, et le seul qui n’ait rien coûté après coup.

La limite est évidente : on prend ce qu’il y a, le jour où ça a lieu. Aucune chance d’y trouver une taille précise dans un modèle précis. Pour un vélo de route à ma taille, je n’y serais jamais arrivé.

Ce que les trois canaux donnent, côté prix

Canal Prix payé Remise en état Coût réel
Site spécialisé (route) 620 € 140 € 760 €
Annonce généraliste (VTT) 450 € 190 € 640 €
Bourse associative (ville) 130 € 0 € 130 €

Le tableau est trompeur si on le lit trop vite : ce ne sont pas les mêmes vélos ni les mêmes usages. Ce qu’il montre, c’est que la remise en état représente entre 0 et 42 % du prix d’achat selon le canal, et que ce chiffre est bien plus discriminant que le prix affiché.

Trois choses que j’ai apprises en vendant, aussi

J’ai revendu deux vélos sur la même période, dont la paire carbone dont je parle ailleurs. L’exercice vu de l’autre côté m’a appris davantage que mes achats.

D’abord, les photos décident de tout. Mon premier vélo, photographié contre un mur de garage dans la pénombre, n’a eu aucun message en trois semaines. Le même, ressorti dehors par temps couvert avec cinq clichés dont un gros plan de la transmission, est parti en quatre jours au même prix.

Ensuite, mentionner les défauts attire les acheteurs sérieux au lieu de les faire fuir. J’avais écrit que la roue arrière avait pris un coup et donné le coût du dévoilage. Les trois personnes qui m’ont contacté savaient de quoi elles parlaient, et aucune n’a essayé de renégocier sur place.

Enfin, les gens achètent une taille de cadre, pas un modèle. La moitié des messages reçus demandaient uniquement la hauteur de tube de selle. Je ne l’avais pas mise dans l’annonce, ce qui est l’erreur que je reprochais aux autres deux mois plus tôt.

Comment je m’y prendrais maintenant

Ça dépend entièrement de ce qu’on cherche, et la réponse a changé pour moi entre le premier achat et le troisième. Voilà où j’en suis aujourd’hui, en sachant que je me trompe régulièrement.

Pour un vélo précis dans une taille précise, le site spécialisé, en acceptant de payer le prix et en limitant la négociation à ce que l’inspection justifie réellement.

Pour un budget serré et du temps devant soi, l’annonce généraliste, à condition de savoir inspecter une fourche et une transmission. Sinon c’est une loterie, et j’ai perdu la première fois.

Pour un vélo utilitaire sans exigence, la bourse associative, sans hésitation. C’est aussi le seul canal où l’argent reste dans le quartier, ce qui compte pour moi même si ce n’est pas un argument technique.

Un mot sur le paiement, puisque la question revient. J’ai payé mes trois vélos en espèces, en main propre, ce qui est la norme sur ce marché et me met mal à l’aise à chaque fois. La bourse associative est le seul des trois canaux où j’ai eu un reçu, et c’est un argument que je sous-estimais : sans preuve d’achat, un vélo volé reste un problème pour l’acheteur. Depuis, je demande systématiquement un papier signé avec la date, le prix, le numéro de série et les deux noms. Personne n’a jamais refusé.

Une chose que j’ai apprise tardivement : demander au vendeur depuis combien de temps le vélo n’a pas roulé. Un vélo immobilisé deux ans dans un garage humide a des problèmes qu’un vélo roulé toutes les semaines n’a pas, et la question passe pour anodine alors qu’elle dit énormément.